КОНКУРС 2026: Филипп Бек
Le poème est en difficulté depuis longtemps, au moins depuis Hölderlin (qui déplorait la fin de l’enseignement du calcul poétique), sans doute avant, depuis que le poème tragique a cessé de chanter en sourdine puissante, en clairon berceur ou bercement réveillé. C’est également cela, la vieillesse d’Alexandre. Rimbaud n’a pas dit par hasard sa dépendance à Racine. Naturellement, un poème contemporain fait le difficile (et le dur), et des descendants de Novalis ne manquent pas de lui reprocher sa posture malaisée, loin d’un public atterré ; mais il faut aussi (et surtout) désigner les proses faciles et dominantes auxquelles un journalisme tient comme à une victoire espérée définitive ? Et pourtant : même des romanciers « grand public » font des calligrammes... Ils veulent la poésie sans le poème. C’est un monde en eux qui le veut. Le « vers libre » n’est aucunement responsable de sa libération, s’il est un vers. La libération conditionnelle d’une forme ne signifie pas l’élargissement de l’idée qui lui donne son intensité dans une époque. De la prose est entrée dans le poème sans que le poème en prose soit devenu la loi de la poésie. Le métier de difficulté se proportionne aux degrés de facilité et d’ésotérisme du monde quotidien.
(Entretien avec Philippe Beck, « Poète affecté, homme discours », Isabelle Baladine Howald, 2015)
La santé de l’esprit
dépend de l’art de détecter
le banal sous le fabuleux
(Aux recensions, p. 178)
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